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Saint-Pierre Saint-Paul

Un peu d'histoire des paroisses du Plateau : Saint-Pierre Saint-Paul

(Source : Ginette DOUET et Père Pierre TRUDEAU : L'Eglise St-Pierre St-Paul. Livret réalisé par le Service Animations de la ville de Montfermeil, disponible à l'église)

Le village de Montfermeil est situé sur un plateau dominant au sud  la vallée de la Marne et les Villes de Chelles et Gagny et dominant au nord une autre vallée où fut creusé le canal de l'Ourcq et où se trouve la ville de Livry.
Il s'est construit dans une clairière de la forêt de Bondy le long du chemin reliant Saint Denis à Meaux par Lagny. La proximité de l'importante station préhistorique de Chelles fait supposer que ce territoire fut habité depuis la plus haute antiquité , comme le confirme la découverte de nombreux outils de silex taillés.

Depuis fort longtemps, les habitants vivaient de la culture de la vigne et de l'exploitation des bois.
Des fouilles récentes en 1974, autour de l'église ont permis la découverte de nombreux éléments gallo-romains ainsi que des tombes mérovingiennes.
Une petite communauté monastique vient s'installer sur le territoire de Montfermeil à la fin du 12e siècle  et prend l'appellation d'ermitage du Val Adam.

Nous ne savons pas grand chose sur l'implantation d'une église avant le 13e siècle.
La présente église dédiée à Saint-Pierre Saint-Paul a été édifiée au 13e - 14e siècle.
De cet édifice, il ne reste que le clocher, le chœur et 2 travées du bas côté sud y attenant.
Le niveau du sol était 1m50 plus bas que le sol actuel, ce qui donnait des voûtes plus élancées et des chapiteaux à une hauteur plus normale.
Nous pouvons avoir une idée de cette église grâce au plan établi en 1817 par Molinos. Elle comportait un bas côté sud sur toute sa longueur, le bas côté nord était projeté mais n'a jamais été réalisé.
Elle possédait un porche qui servait de lieu de rassemblement pour la paroisse et qui pouvait recevoir une soixantaine de personnes.

Déjà fortement endommagée avant la Révolution française, elle se détériora encore plus pendant la période révolutionnaire. Elle ne fut pas profanée comme les églises du voisinage mais elle fut fermée. Malgré la protestation des habitants de Montfermeil, elle fut vendue à un commissaire du pouvoir exécutif Monsieur LEDOYEN, homme extrêmement sectaire qui voulait la démolir entièrement de manière à supprimer l'influence de l'église catholique. De fait, il ne put arriver à ses fins, il démolit une grande partie du bas côté, vendit à son profit les tuiles de la nef et du chœur, les ardoises du clocher et les plombs, mais il ne put terminer le massacre s'étant trouvé dans l'incapacité de rassembler les fonds nécessaires pour la payer. L'église fut alors restituée aux habitants de Montfermeil. Elle se trouvait dans un triste état, il y pleuvait, des bois de charpente et des tuiles encombraient la nef, une cloche était posée sur des madriers.

En 1810 Madame HOCQUART, marquise de Montfermeil, proposa de restaurer l'église dans son état primitif, mais le Conseil Municipal déclina cette proposition.

De 1817 à 1820 la commune aidée d'une subvention de la préfecture, sous la direction de l'architecte Molinos, s'employa à réhabiliter l'église ( le clocher, le chœur et la nef ) mais le bas côté trop dégradé ne put être reconstruit.
On remonta le sol de 1m50, on engloba l'architecture du 13 siècle dans une architecture de plâtre, la voûte ogivale fut remplacée par une voûte factice en plâtre, le porche fut détruit et remplacé par une porte de style classique surmontée d'une corniche et d'un fronton.

Il fallut attendre 1929 et l'architecte des monuments historiques Jules Formigé pour qu'une véritable restauration soit entreprise. Des fouilles furent réalisées, et l'on retrouva les anciens piliers. On décapa les chapiteaux de leurs revêtement de plâtre ainsi que les 2 travées de l'ancien bas côté, mais il n'y eut pas les subventions nécessaires pour la restauration complète du chœur.
Plus tard, le  maître autel du 18e siècle peint et doré est transporté dans la chapelle de la vierge et la table de communion placée à la tribune.

En 1986 des travaux ont été entrepris par la municipalité pour transformer le chauffage de l'église; il y eut peu de découvertes sinon la confirmation de la présence en profondeur d'un pilier nord ce qui laisse supposer que le chœur comportait une 2e série de piliers.
Par ailleurs, sensiblement à cette époque, l'installation électrique a été entièrement refaite et remise en conformité et l'église dans son ensemble a été repeinte par la municipalité, propriétaire de l'édifice depuis la séparation de l'église et de l'état.

Le clocher
Il s'élève sur le flanc nord, il est coiffé d'un chapeau d'ardoise en pointe. Il date du 13e - 14e siècle et a été restauré en 1820 par l'architecte Molinos.

La façade
La façade et la porte d'entrée sont de style néoclassique . La façade en pierre de taille a été érigée lors de la réfection de la nef, elle est surmontée d'une corniche et d'un fronton triangulaire. Un vitrail moderne beaucoup plus récent y a été implanté, il se marie bien avec l'ensemble.

Les chapiteaux
Les chapiteaux sculptés datent du 13e siècle. Ils sont du plus pur style gothique de l'Ile de France, avec crochets et feuilles d'acanthe. Après avoir été cachés pendant une centaine d'année sous un revêtement de plâtre, ils ont été remis en valeur ainsi que la voûte.

Le calvaire de Rude
François Rude reçut en 1848 la commande d'un calvaire de bronze pour l'église Saint Vincent de Paul à Paris. Il fit tout d'abord un modèle en plâtre et c'est celui-ci qui fut donné à l'Abbé HAUPAIS alors curé de Montfermeil et ami du sculpteur.
Ce calvaire montre le Christ en croix entouré de la Vierge et du disciple Saint Jean. Il y a lieu de remarquer la tête et le torse du Christ. Juste après la mort, il est délivré des contractions de l'agonie. Ses traits émaciés, son nez fin et la profondeur de ses yeux expriment une douceur infinie.

Le confessional
Le Confessionnal est en bois sculpté et date du 18e siècle.

Les fonts baptismaux
Les fonts baptismaux en marbre noir sont du 17e siècle. Ils ont été offerts par la famille NICOLAI qui était alors propriétaire du grand château de Montfermeil. Les sculptures représentent les armes de la famille, une cigogne, 3 griffes d'oiseau et un casque lambrequiné.

La plaque de sépulture de la Famille HOCQUART
Cette plaque en marbre noir rappelle le souvenir de Jean HYACINTHE II HOCQUART, seigneur de Montfermeil, décédé à Paris le 3 Mai 1764 à l'âge de 79 ans. Elle recouvrait l'urne contenant le cœur de Monsieur HOCQUART. Les armes de cette famille ont été adoptées par la ville de Montfermeil.
De nombreuses sépultures ont existé dans cette église mais le relèvement du niveau du sol les a fait disparaître et les pierres tombales servirent à daller le chœur de la reconstruction de l 'église en 1820.

Les Cloches
Les cloches de Montfermeil ont subi bien des malheurs.
En 1690, il y avait 3 cloches dont les noms étaient Anne, Marie et Hortense. En 1787 le Marquis Jean HYACINTHE Louis HOCQUART en installe une 4e. En 1793, trois des cloches sont réquisitionnées pour fabriquer des canons . La 4e est convoitée par le commissaire LEDOYEN qui aurait voulu la vendre à son profit, mais la protestation des habitants permet de la conserver bien qu'elle soit descendue et entreposée dans la nef. Elle y reste jusqu'en 1927 où elle est remontée dans le clocher avec une autre plus puissante. A ce moment-là est également installée une horloge.
En 1864, le Maire Charles HARDY décide de remplacer les 2 cloches existantes par une plus grosse en réutilisant le bronze des 2 premières. Celle-ci en fa dièse fut nommée Marie Caroline Geneviève et porte les armes impériales.
Soixante dix ans plus tard, en 1934, l'Abbé BAUDET organisa une souscription publique pour 3 nouvelles cloches.
Augustin Dominique (sol dièse), Paul Marie Jeanne d'Arc, ( la dièse) et Magdeleine (do dièse).
En 1951, cloches et pendules sont électrifiées par la société MAMIAS, constructeur d'Angelus électro automatique.
En 1996, après un orage qui avait détruit le système électronique, la Municipalité a fait installer par cette même société un système totalement automatique dont le réglage et la remise à l'heure se font par satellite.

Les vitraux
Les vitraux du 19e siècle ont été donnés par différents habitants de Montfermeil, notamment des maires de la ville Jean-Baptiste Charles HARDY et Jules Charles Pierre  DESNOS.
Un vitrail moderne a été installé dans le fronton de l'église au moment de la réfection intérieure.

La statue de Saint Vincent
Saint Vincent était un diacre de Saragosse en Espagne, c'est pourquoi il est revêtu de la dalmatique. Il mourut des suites de la torture à Valence en l'année 304. Il a dans la main une grappe de raisins; il était considéré comme patron des vignerons. L'importance de la culture de la vigne à Montfermeil explique sa présence. Cette statue en bois du 18ème siècle a été exposée à 2 reprises à Saint Denis en 1973 et au Raincy en 1974.