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Père Mackenzy CELESTIN

Prêtre pour le secteur paroissial du Plateau de 2010 à 2012

·  Prénom : Mackenzy
·  Nom de famille : CELESTIN
·  Age : 41 ans
·  Nationalité : Haïtienne
·  Profession : Prêtre enseignant (français, sciences humaines…)
·  Adresse provisoire : presbytère de Montfermeil.
·  Signes extérieurs : Haute stature, lunettes d'instituteur, élocution parfaite teintée de créole.
·  Signe particulier : passionné de sciences humaines (littérature, philo… )

Son premier contact avec la France, ce fut le froid ; quand on arrive d'un pays tropical, cela surprend. Mais Mackenzy n'est pas homme à s'en laisser conter ; séjourner en France est un choix personnel et il est prêt à accepter quelques désagréments tels que la température...
Né le 23 mars 69 à Haïti dans une famille de 6 enfants, le jeune Mackenzy a un parcours scolaire complet mais assez tôt, il s'engage dans des mouvements et activités d'Eglise. Il le veut et il sera prêtre. Etudes secondaires et théologiques au grand séminaire de Port-au-Prince, il est ordonné en 1998, curé en paroisse 8 ans puis il est nommé dans des postes d'enseignant de lycée ; on lui confi également la responsabilité de gestion d'écoles presbytérales pendant 9 ans.
Pour une meilleure mission pastorale, Mackenzy souhaitait approfondir ses connaissances et valider son expérience ; son voeu se réalise, le voici étudiant pour au moins deux années à l'Institut Catholique de Paris où il prépare cette année une licence en sciences de l'éducation puis un Master l'année prochaine.
 

Mise à part la météo, quelles impressions d'être étudiant ici ?

D'abord, ces grandes métropoles, je ne suis pas habitué, et puis, cette multitude de visages rencontrés dans les transports en commun ; des gens ont la même couleur de peau que moi mais sont de langue et de culture différentes ; j'aimerais les aborder mais ce n'est pas possible… Cette inculturation, je l'ai voulue et en accepte les inconvénients.
Ici au presbytère, dans les églises avec les personnes, je me suis senti intégré tout de suite. Je me sens bien, comme je me sens bien dans ma mission à propager l'Evangile, les valeurs, la foi.
 

Haïti - Tremblement de terre du 12 janvier dernier ; et l'après ?

Ca été quelque chose de terrible : 150 000 morts officiellement mais sans doute le double ; des quartiers entiers n'ont pas été déblayés et des familles entières s'y trouvent encore.
Mon diocèse de Gonaïves n'a pas été touché, aussi nous avons recueilli beaucoup de familles ; j'en ai logé au moins deux chez moi et nourri beaucoup, il fallait trouver la nourriture et le nécessaire…
Là-bas, les gens attendent beaucoup des prêtres qu'ils sollicitent pour leur capacité à faire ouvrir certaines portes…
Le stade de l'urgence est dépassé, on doit s'attaquer maintenant à la question des structures du pays, établir des priorités. Or, cette phase est très faiblement engagée et on n'en voit que peu d'effets positifs.
Si le rôle des ONG (organisation non gouvernementales) a été remarquable comme aides d'urgence, leur présence permanente sur le terrain qui se substitue à elle de l'état est source de contestations ; ces organisations établies tendent à imposer leurs philosophies et méthodes et cela ne va pas toujours dans le sens de l'intérêt général ni ne correspond aux vraies attentes.
De plus, la saison des pluies tropicales aggrave des situations toujours provisoires : inondations, boues, crues ajoutant du malheur au malheur.
Mais le peuple haïtien est solide et dynamique. Il a une immense capacité à garder la foi au plus fort du malheur. Les rescapés du séisme priaient et remerciaient Dieu de les avoir épargnés.
Le peuple Haïtien est un peuple de lutte - liberté durement acquise, il lutte avec ses malheurs.
En toute circonstance, le mal ne doit pas prendre le dessus ; toujours, la vie a le dernier mot.

(Confer article du journal "BONNE'S NOUVELLE'S" numéro 12 du mois d'octobre 2010)